Lancement de la campagne de la lutte contre les violences faites aux enfants dans la partie Est du pays par le Médiateur de la République à Chadakori, région de Maradi

Après le lancement de la vaste campagne de lutte contre les violences faites aux enfants à Makanlondi pour la partie ouest du pays, le Médiateur de la République, Me Ali Sirfi, en partenariat avec World Vision a procédé à une cérémonie similaire le mardi 3 avril 2018 à Chadakori pour les régions de Tahoua, Maradi et Zinder qui sont les zones d’intervention du Niger Est de World Vision.

À Chadakori, la mobilisation était des grands jours ou tous les acteurs concernés par les questions de mariages précoces ou toutes les formes de maltraitance des enfants étaient au rendez-vous à la cérémonie de lancement des dialogues communautaires.

 

Ces dialogues communautaires qui s’étaleront sur une période de cinq années, ont pour but d’amener les leaders d’opinions, à évaluer les risques et augmenter leurs connaissances sur les voies de recours dans le cadre d’union précoce ou forcée pour mieux mener la médiation dans l’intérêt des enfants victimes de ce fléau.

Dans un climat convivial et familial, Le Médiateur de la République, a sans contours entretenu ses cousins à plaisanterie sur les graves conséquences qu’engendrent les mariages précoces, la déscolarisation de la jeune fille ou sur toutes les formes de violation des droits des enfants. Et comme le dit l’adage, « faut commencer par balayer devant sa cour avant celle du voisin » C’est pourquoi le hasard faisant bien les choses, l’agenda de lancement des sessions de dialogues communautaires, a fait que je commence pour mes frères de la région du fleuve a-t-il dit . L’heure est grave et il est temps d’agir pour bannir ces pratiques néfastes aux conséquences dramatiques a indiqué Me Ali Sirfi.

Ces conséquences qui sont d’ordre sanitaire, physiologique, socioéconomique entre autres ne sont pas ignorées par les populations qui les subissent au détriment de leurs progénitures qu’elles sacrifient souvent pour des raisons futiles.

Les raisons évoquées sont les mêmes partout : pauvreté, ignorance, renvoi des filles de l’école, grossesses indésirées etc….trois filles sur quatre sont mariées avant l’âge de 18 ans dans au moins quatre des régions à résistance qui sont Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder.

Les causes de cette résistance sont surtout liées au manque de sanctions pénales, ont déclaré les acteurs de défense et de protection de la jeune fille, qui déplorent l’attitude des autorités à ne pas les accompagner dans leurs activités. Les dénonciations faites sur les cas de flagrants délits sur les jeunes filles ne reçoivent pas l’appui ni même de simples réponses de la part des pouvoirs publics.

Ce vide juridique doit être comblé pour brimer et briser cette résistance, ont indiqué les associations de défense et de protection de la fille au cours des échanges. Aussi tous les autres acteurs concernés par la question se sont joint à eux pour demander au Médiateur de la République d’être leur porte-parole auprès du gouvernement pour l’adoption d’une loi qui criminalise les mariages avant l’âge  de 18 ans chez la jeune fille.

Le Médiateur de la République qui a fait de la défense des droits des enfants et des personnes vulnérables son fer de lance, a saisi cet appel des populations du Katchina et du Gobir, et leur a fait part de son intention de rechercher une réponse nationale au phénomène.

Ainsi, au sortir de ces sessions de dialogues communautaires, un forum national sera organisé pour faire des recommandations au Gouvernement en vue de pénaliser tous les responsables de ces actes de barbarie qui doivent être révolus.

 En attendant la  tenue de ce forum, Me Sirfi  a demandé aux leaders d’opinions et aux partenaires qui les accompagnent de poursuivre la sensibilisation au niveau des villages les plus lointains afin de faire parvenir le message et mettre en place par la même occasion, des brigades de protection et de maintien de la fille à l’école.

Plusieurs interventions ont été prononcées a cours de ce lancement de Chadakori ; celle de bienvenue du Maire de Chadakori, ensuite celle du Préfet de Guidan Roumdi qui a déploré le fort taux de mort de jeunes filles tombées dans des puits suite aux corvées de puisage d’eau qu’elles ne sont pas prêtes à accomplir en tant que mariées. L’honorable chef de canton de Chadakori, ancien Ministre de l’intérieur et plusieurs fois cadre de commandement, Abara Jika, a salué la présence du Médiateur de la République à ces séances de dialogues communautaires, ce qui dénote d’une grande préoccupation de sa part. L’honorable chef de canton de Chadakori s’est engagé pour sa part à destituer tout chef de village de son entité qui serait impliqué dans un cas de mariage précoce, car a-t-il ajouté aucun mariage ne peut avoir lieu dans leur village sans qu’ils en soient informés. De la même manière, sera sanctionné tout leader religieux qui osera braver son autorité pour célébrer des mariages de filles mineures.

Geste hautement salué par le Médiateur de la République qui a saisi l’opportunité pour inviter les autres autorités coutumières de la région et au-delà celles des autres cantons et chefferies du pays à emboiter le pas à l’honorable chef de canton de Chadakori.

Après l’étape de Maradi la délégation du Médiateur de la république se rendra à Zinder et Tahoua pour poursuivre la campagne de sessions de dialogues communautaires.

Cellule de communication du Médiateur de la République